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10 choses que j’aurais aimé savoir sur l’infertilité

Texte de Caroline : Voici la liste des 10 choses que j’aurais voulu savoir sur l’infertilité.

1. Vous n’êtes pas seule

Chaque année, le jour de la Fête des mères est un jour de deuil pour des millions de femmes. Moi y compris. Je fais partie des 10% de femmes qui se battent contre un certain type d’infertilité. Ce n’est qu’après avoir cherché du soutien que j’ai réalisé à quel point l’infertilité est répandue, au point de devenir une épidémie. Trop de femmes souffrent en silence sans savoir à quel point nous sommes nombreuses.

2. Ce n’est pas votre faute

Comme de nombreuses femmes qui luttent contre l’infertilité, j’ai le sentiment que ma difficulté à concevoir est un défaut dont je serais responsable d’une manière ou d’une autre, ou que j’aurais pu éviter. La plupart d’entre nous se reproche d’avoir attendu trop longtemps et d’être devenue trop âgée pour avoir un enfant, car l’âge est un facteur majeur d’infertilité L’infertilité est une maladie dont on a l’impression d’être coupable.

3. Certaines mutuelles ne couvrent pas certains traitements contre l’infertilité

Jusqu’à notre première consultation pour une FIV il y a quatre ans, je n’avais aucune idée du coût d’un traitement de PMA. Par chance, la Sécurité sociale prend en charge 4 FIV par couple. Mais si comme nous, vous vous orientez vers un centre privé (plus près de chez moi et avec de meilleurs résultats), le cout des à côté n’est pas anodin (chambre,suppléments…). Le cout par cycle dépasse facilement les 2000€. Et c’est sans parler du cout d’un don d’ovocytes qui peut couter 10 000€ par cycle ! Il est donc indispensable d’en parler avec votre mutuelle.

4. L’infertilité vous pousse aux extrêmes

Des couples mettent leur vie professionnelle de côté, nous nous soumettons à des traitements invasifs : nous nous piquons nous-mêmes avec des aiguilles de 5mm et prenons des pilules qui dérèglent complètement nos émotions.
Durant le traitement, les relations sexuelles deviennent souvent une corvée ou un simple devoir. Tant que vous n’êtes pas en cycle de PMA, vous n’imaginez pas ce que vous allez vous infliger.

5. Les traitements contre l’infertilité ne fonctionnent pas toujours

Je suis tombée des nues lorsque j’ai découvert qu’en fait le taux de succès d’un cycle de FIV était inférieur à 30% ! Malgré les perfectionnements et les nouvelles techniques développées depuis la naissance du premier bébé par FIV (en 1976, un an après ma propre naissance), les fondements restent les mêmes. La vérité est que la majorité des femmes se lançant dans un traitement contre l’infertilité dans un mois normalement propice ne tomberont pas enceintes.

6. Il existe de NOMBREUX types d’infertilité

Je souffre d’une infertilité avec facteur tubaire et d’une infertilité secondaire. D’autres femmes ont le syndrome des ovaires polykystiques, de faibles réserves ovariennes, des problèmes au niveau de l’utérus ou bien d’autres encore. Un certain nombre de femmes souffrent d’une infertilité inexpliquée ou due à plusieurs facteurs différents. Et, cerise sur le gâteau, il y a aussi l’infertilité masculine, avec ses problèmes de faible numération et de motilité des spermatozoïdes, qui jouent un rôle majeur lorsqu’on essaie de tomber enceinte. L’infertilité peut prendre toutes les formes.

7. L’infertilité peut souder ou briser une relation

Par chance, après 12 ans d’infertilité, mon mari et moi avons su faire durer notre mariage. Mais de nombreux couples n’y parviennent pas. En vouloir à l’autre, se laisser obséder par le traitement, se retrouver lourdement endetté à cause du traitement sont autant de raisons pour lesquelles un couple en vient à se séparer lorsqu’il est confronté à l’infertilité. Le désir d’enfant est l’une des motivations principales du mariage : ne pas pouvoir le concrétiser porte un coup terrible à de nombreuses relations.

8. Les gens ne vous comprendront pas

La plupart des gens ne connaissent rien à l’infertilité, tout comme moi avant d’y être plongée jusqu’au cou. Je pourrais écrire un livre entier avec les commentaires peu pertinents des gens quand on essaie d’avoir un enfant, de « mais détends-toi ! » à « ça arrivera quand ce sera le moment ». Le fait est que nous sommes trop nombreuses à retarder notre recherche de traitement à cause de ces commentaires inappropriés. Tout le monde ne comprend pas l’intensité du désir d’enfant, surtout les personnes qui en ont été gratifiées sans effort.

9. On ne « guérit » pas l’infertilité par un traitement contre l’infertilité

Même lorsqu’on a un enfant grâce à un traitement contre l’infertilité, cela ne signifie pas que notre infertilité est « guérie ». De nombreuses femmes continuent d’éprouver le même sentiment de honte et d’angoisse à l’idée de ne pas pouvoir avoir d’enfant. En outre, l’infertilité secondaire est très commune : ce n’est pas parce que vous avez réussi à avoir un enfant que ce premier succès, peut-être difficilement obtenu, ne sera pas suivi d’infertilité.

10. L’infertilité ne TUE PAS

Que vous soyez finalement parvenue à concevoir, que vous ayez choisi d’adopter ou que vous ayez accepté une vie sans enfant, vous survivrez à l’infertilité. Vous ne pouvez pas la soigner, mais vous pouvez vivre avec. C’est un fait que je dois garder à l’esprit, comme de nombreuses autres femmes qui se battent contre l’infertilité, surtout lorsque nous sommes en plein traitement. Si on déplore l’’infertilité, il faut apprendre à la gérer, ce qui prend des années mais n’est pas un défi insurmontable.

Personnellement, j’y suis arrivée grâce au soutien de personnes qui comprenaient réellement ma situation, comme les membres du forum fiv.fr auquel j’appartiens. Parler des épreuves de l’infertilité est une manière efficace de supporter des périodes aussi difficiles.

Personne n’est obligé de souffrir en silence de l’infertilité ! Bonne chance à toutes

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